Cahiers Victor Segalen n°3: Lectures chinoises de Victor Segalen

 

 

 

ÉDITIONS HONORÉ CHAMPION

VIENT DE PARAÎTRE

CAHIERS VICTOR SEGALEN N°3

Sous la direction de Philippe Postel

 

Lectures chinoises de Victor Segalen

Textes réunis et édités par Huang Bei et Philippe Postel

 2017. 350 p., broché, 15,5 × 23,5 cm. ISBN 978-2-7453-4895-1. 60 €

 

Le n° 3 des Cahiers Victor Segalen est consacré à la réception de l’œuvre de Segalen en Chine. Le poète parle aux Chinois aujourd’hui car il a mis en scène et pensé l’inquiétude d’un sujet exposé au Divers tant du Dehors que du Dedans, et indiqué une méthode, au sens d’un chemin qui transforme l’angoisse de l’expérience de l’altérité en jouissance au contact du Divers. Les contributions portent tout d’abord sur le voyage à la fois réel et imaginaire, puis explorent la notion du sujet, envisagent enfin le Divers segalénien. Un ensemble  de commentaires concerne ensuite le recueil de Stèles. Dans un dernier temps, le numéro propose des échos poétiques et artistiques chinois à l’œuvre de Segalen.

 

Pour le commander:

https://www.honorechampion.com/fr/champion/10873-book-08534895-9782745348951.html

 

 

Programme du colloque de Cerisy (Du 4 au 11 juillet 2018)

Disparu prématurément, Victor Segalen (1878-1919), médecin, voyageur, sinologue, archéologue, éditeur, poète, a laissé une œuvre abondante, en grande partie inédite à sa mort, publiée et commentée seulement à partir des années soixante. Fondée sur une riche expérience humaine, située au carrefour de plusieurs cultures et de plusieurs disciplines, novatrice en matière de formes et d'idées, elle n'a cessé depuis lors de susciter de l'intérêt dans le monde entier, notamment en Chine.

Ce premier colloque de Cerisy, « attentif à ce qui n’a pas été dit » de l’œuvre et de la pensée de Segalen, réunira des chercheurs anglais, allemands, américains, canadiens, français, suisses, japonais, chinois (du continent et de Taiwan). Il s’attachera d’abord à situer précisément les œuvres dans les contextes historiques (guerre de 14, révolution chinoise, situation du Tibet), philosophiques et scientifiques de l’époque. Les interprétations multiples de « l’Exotisme » et du « Divers » seront ensuite interrogées à la lumière de « l’histoire globale » et confrontées aux lectures qu’en ont faites Edouard Glissant, Jean Baudrillard, François Jullien. Les réceptions de Segalen par des poètes, des critiques littéraires et un large public en révèleront des aspects nouveaux. Pour la première fois, des traducteurs de Segalen dans diverses langues (chinois, japonais, anglais, allemand) échangeront leurs lectures de Segalen et leurs expériences autour d’une table ronde. Nous serons attentifs à ce que les remous du « grand fleuve Diversité » segalenien peuvent nous dire de notre propre Diversité.

 

Programme du colloque de Cerisy

Segalen 1919, 2019 : « Attentif à ce qui n’a pas été dit »   Du 4 au 11 juillet 2018

 

 Mercredi 4 juillet après-midi : Accueil des participants

 

Jeudi 5 juillet : - Matin : Segalen cent ans après

Ouverture par les organisateurs

Noël Cordonier, L’œuvre et la réception de Segalen au prisme de l’ « appropriation culturelle » (conférence)

  • Après-midi : Contexte historique 

Dominique Mabin, Naissance d’un écrivain, à propos de la thèse de médecine de Victor Segalen

Corentin Segalen, La guerre de Victor Segalen médecin de la marine

Colette Camelin, La guerre de Victor Segalen poète

 

Vendredi 6 juillet : - Matin : « L’exotisme » en question

Dominique Gournay, Thibet d’un siècle à l’autre : résonances géopolitiques et géopoétiques d’un titre.

Olivier Salazar-Ferrer, Deux poétiques du réel impossible. Le dialogue de Segalen et Benjamin Fondane avec Jules de Gaultier

Haun Saussy, “Bovarysme et exotisme. Pour une rencontre Victor Segalen - Jean Price-Mars”

 

  • Après-midi : Segalen et les arts : nouvelles approches

Muriel Détrie, Peintures de Segalen et les arts vivants de son temps

Sophie Lesiewicz, L’œuvre éditoriale de Segalen dans l’histoire du livre d’art occidental

Philippe Despoix, La contre-épreuve chinoise. Singularités du corpus photographique des expéditions de Segalen

  • Soirée : Lecture de Peintures et de lettres de Segalen par Delphine Brual

 

Samedi 7 juillet : - Matin : Nouveaux questionnements sur le « Je » dans l’œuvre de Segalen

Bei Huang, L’invention du « je » dans l’écriture exotique de Segalen

Sophie Labatut, La réversibilité dans le roman René Leys

Gabriel Hourcade, Segalen mis à nu dans Siège de l’âme

 

  • Après-midi : sortie culturelle (à préciser)

 

Dimanche 8 juillet : - Matin : « Make it new » (Pound)

Béatrice Bonhomme, L'influence de Segalen sur Pierre Jean Jouve et Henry Bauchau 

Timothy Billings, Calques calculés : la poétique des couches bilingues chez Ezra Pound et Victor Segalen

Makoto Kinoshita, Traduire, réécrire et écrire – stratégie de textes segaleniens

 

  • Après-midi : Table ronde : Comment traduire Segalen ?

Table ronde animée par Muriel Détrie et Philippe Postel, avec la participation de : Timothy Billings, Bei Huang, Makoto Kinoshita, Esther Lin, Haun Saussy, Maria Zinfert

 

Lundi 9 juillet :                    - Matin : Lectures postcoloniales de Segalen

Charles Forsdick, Segalen postcolonial (conférence)

Jean-Xavier Ridon, Jean Baudrillard et Edouard Glissant : lecture croisée et contradictoire de Segalen

  • Après-midi : Mises en perspective du Divers

Valérie Bucheli, Entre « universalisme mou » et « relativisme paresseux » ou les deux pôles antithétiques d’une réception critique

Esther Lin, Face à la disparition du Divers, de l’exotisme segalenien à l’exoptisme de François Jullien

Suzanne Le Men, De Segalen à Volodine, d’une distinction à l’autre : généalogie dissidente de l’utopie exotique

 

Mardi 10 juillet : - Matin : Segalen et les sciences humaines

Sandrine Schiano, Le gai savoir de Segalen

Maria Zinfert, Segalen : recherches scientifiques et écriture poétique

Mathilde Poizat-Amar, Barthes lecteur de Segalen

  • Après-midi : Segalen toujours vivant

Françoise Livinec, Retour de Segalen au Huelgoat : réception de l’œuvre de Segalen à l’espace d’art de l’Ecole des filles

Philippe Postel, Portraits imaginaires de Segalen

 

Mercredi 11 juillet, matin : ouverture Segalen aujourd’hui

Kenneth White « Ouvrir le monde – aux frontières de l’intelligence poétique ».

Exposition de YE XIN sur Peintures de Segalen.

Jean-Luc COATALEM Mes pas vont ailleurs Stock 2017 Prix Femina Essai 2017 ; Prix de la Langue française 2017 (Brive)

Nous adressons tout d’abord nos félicitations à Jean-Luc Coatalem pour son bel essai, vivant, dépourvu de toute insistance dogmatique et proposant une vision personnelle de Segalen : « Au fond, […] ce n’était pas vous que je cherchais, réduit à une biographie, à des dates, des lieux, mais une vision de vous à travers le temps. Optimiste, suractive, sans servitude. […] L’énergie pour seul bien » (p. 69). La longue fréquentation des œuvres et des lieux de Segalen donne à la vision de Coatalem une grande intensité. La première rencontre a eu lieu il y a une trentaine d’années : dans la boîte à soldes de la librairie de Marcel Béalu, Le Pont Traversé, Coatalem trouve René Leys qu’il lit dans sa chambre d’étudiant, séduit par sa « construction labyrinthique » — « faux feuilleton dans la vraie cité interdite » (p. 50). Pour lui, René Leys, « avec ses fulgurances » demeure « le plus beau livre » de Segalen. Peut-être en a-t-il été marqué au point de construire le sien comme un labyrinthe dans le temps et l’espace. Ce n’est pas une biographie organisée selon la chronologie, ce serait plutôt une géographie dont le pivot central, le « milieu », serait un tertre de la forêt du Huelgoat où Segalen est venu mourir. C’est au Huelgoat que s’ouvre le livre : « Vous êtes venu vous reposer de la Chine ancienne, de l’effroyable tuerie de la guerre et de la lassitude des choses infimes » (p. 9). Et c’est là qu’il se ferme : « Silence perforé par les oiseaux. Ciel en abside […] Et venue d’en bas, portée par le vent, l’intimité de la rivière qui poussait jusqu’ici sa voix brève et embuée, sa belle voix entourante… » (p. 278).

Coatalem s’adresse à Segalen, non comme à un auteur interviewé, mais comme à un « grand aîné », un « ami considérable », un « allié substantiel ». Les trois premiers chapitres interrogent les dernières semaines de Segalen. Où en est-il en ce mois de mai 1919 ? Mari et amant contrarié, voyageur retenu à Brest, médecin épuisé par son service à l’hôpital, sinologue et archéologue dont les projets sont brisés, esthète blessé par la laideur de la guerre, poète ignoré à la fois par les symbolistes finissants et par l’avant-garde — à quarante et un ans, tout cela pourrait se résoudre, maintenant que la démobilisation s’achève enfin. Qui êtes vous Victor Segalen en ce premier printemps d’après guerre ? « Juste un praticien compétent, interprète en chinois, qui taquine la muse, se pique de bibliophilie. Mais que personne ne soupçonne : accroché, déterminé au centre d’un échafaudage de notes, d’ébauches de projets […] Certes, vous pensiez avoir le temps et l’énergie pour tout remettre d’aplomb, ordonner, élaguer […] tel un pèlerin obstiné, brûlé par l’air froid des cimes en direction du “Pôle-Thibet”. Là n’est plus la question. La paroi s’effrite puis cède sous vos doigts. Vous dévissez » (p. 35)

À partir de là, Coatalem remonte la vie de Segalen, sans s’attarder aux questions biographiques (opium, aventures amoureuses diverses…) Il en dit ce qui convient : « qu’importe les réponses, vous restez exceptionnel et cette dramaturgie, au fond, ne regarde que vous » (p. 66). Il est attentif en revanche à ce qui fait la spécificité de son style de vie et d’écriture — l’alternance si particulière entre les équipées au contact du « bon gros Réel » et la « chambre aux porcelaines » de l’imagination active : « J’aimais votre dualité : homme d’action férocement agité sur le terrain puis patient orfèvre des mots, reclus dans vos cabinets de travail. Un aventurier lettré et cannibale. Usant de ce qu’il faut pour ériger votre œuvre : du secret, de l’obstination, des kilomètres et des milles, de l’angoisse » (p. 57)

Coatalem note les traces de cette angoisse que Segalen a laissées dans ses récits de voyages, ses poèmes, ses ébauches et sa correspondance — « cette sorte de faille que l’on trouve dans les terrains bouleversés », écrit Segalen, mais, ajoute Coatalem « qui face à chaque chose, vous densifie, vous laisse à cran. À vif. Un filet de lumière y passe » (p. 84). La lumière est à la fois celle du voyage et celle de l’écriture, car l’un et l’autre ouvrent un espace d’intensité, d’énergie, de merveilleux, proche de l’enfance : le voyage devient « une euphorie, un allègement, qui aurait à voir avec l’enfance où rien ne pèse quand tout est envoûté » (p. 58).

Coatalem partage avec Segalen des expériences et des lieux profondément ressentis : Brest d’abord, port d’attache de l’un et de l’autre, la Polynésie d’où Segalen écrivait « je suis heureux de vivre, de vouloir et d’agir » (août 1904). Coatalem a vécu pendant son enfance en Polynésie, par exemple il tisse les voyages qu’il fit enfant, à Mangareva, île principale des Gambier, celui qu’il fait pour écrire son livre et le voyage de Segalen en mission. Il s’offusquait du « despotisme inquisitorial » de l’Église dans cette île dominée par une cathédrale capable d’accueillir deux mille personnes… Il y cherchait le dernier païen, qu’il aurait bien voulu « ressusciter » dit-il. Coatalem décrit « ce diocèse des tropiques, déserté, comme encore maudit ». Devant des offrandes au fond d’un bâtiment ruiné, vous vous demandez, Jean-Luc Coatalem, « qui venait pour prier et déposer ses oboles » (p. 176). Peut-être des victimes des essais nucléaires qui ont répandu à plusieurs reprises, de 1966 à 1974, une radioactivité redoutable aux îles Gambier. « Même Tahiti est souillé par la guerre », remarquait Segalen quand il a appris que Papeete avait été bombardé par une canonnière allemande… Tristes tropiques dans un monde en guerre…

Coatalem suit Segalen en Chine, à Pékin, à Tientsin (Tianjin), puis vers l’ouest. Il livre un récit vif et coloré des expéditions archéologiques, notamment la découverte du tumulus de Qin Shi Huangdi et la quête des animaux fabuleux sculptés au temps des Han : « Vous voudriez que ce passé découvert irradie votre présent, lui donne son écho, le délivre de son insuffisance […] Que cette remémoration ouvre des mondes contigus, continus, que l’Autre, ici ou autrefois, vous appelle, vous accueille, vous habite, enfin que vous le dépassiez, et qu’il soit vous, multiple, multiplié… » (p. 208).

Le livre de Coatalem, c’est ce qui en fait la force, est organisé autour d’un centre géographique, le tertre du Huelgoat où fut consommé le dernier mystère, et d’un « Milieu qui est moi », écrit Segalen (« Perdre le Midi quotidien »). Ce « moi » est, en régime esthétique, « le phrasé original où un sujet a semblé risquer au dehors l’essentiel de sa singularité » (Marielle Macé). Ce Milieu irradie comme une pierre magique dans toute l’œuvre de Segalen, qui a tenté d’en définir les contours et la puissance dans ses essais sur l’Exotisme et sur le Mystérieux. Le voyage à la rencontre de l’Autre donne accès à un espace imaginaire et à un « arrière-monde » où ne règne aucun dieu : « le Divers — qui n’est pas ceci que nous sommes, mais autre, et donne aux confins du monde ce goût d’un autre monde, — s’il se pouvait par-delà le Ciel trop humain » (Peintures). Coatalem articule deux aspects indissociables du Divers de Segalen : d’une part, en Polynésie comme en Chine, la recherche de la différence (« Qu’est-ce que c’est vraiment d’être autre, d’être comme je ne suis pas ? » demande Marielle Macé). D’autre part l’appel de l’Autre, d’un monde mystérieux, par-delà les chemins « humains trop humains » : « Vous apparaissez comme un être au “ressort tendu”, prêt à accueillir ce “quelque chose qui n’est pas soi-même” et le “gigantesque frisson” du Mystérieux » (p. 83).

 

Colette Camelin

Une rencontre-dédicace est proposée autour de l’ouvrage Collection coréenne, de Jean-Pierre Julien

Une rencontre-dédicace est proposée autour de l’ouvrage Collection coréenne, de Jean-Pierre Julien, publié aux éditions Galerie média.

Cet ouvrage retrace l’aventure de la publication, en 1994, par Frédéric Chatelain et Jean-Pierre Julien, de trois volumes (Stèles, Odes et Connaissance de l’Est de Claudel) dont deux (Stèles et Connaissance de l’Est) sont des fac-similés de la Collection coréenne mise au point par Segalen avec l’éditeur parisien Crès en 1914 (Segalen et Crès avaient aussi publié Aladdin dans la traduction der Mardrus).

L’événement a lieu le Samedi 16 décembre à 15  heures – entrée libre à la Halle Saint-Pierre (auditorium).

2, rue Ronsard – 75018 Paris
Tél. : 33 (0) 1 42 58 72 89

Sur le site de la Halle Saint-Pierre :

Stèles, Odes et Connaissance de l’Est, livres importants de la littérature contemporaine, publiés à un tirage confidentiel en 1914 à Pékin, n’avaient pas été réédités dans leur format d’origine depuis cette époque.
En 1994, Frédéric Chatelain et Jean-Pierre Julien, entreprirent ce travail et se lancèrent dans ce qui allait devenir une funambulesque aventure.

Après de nombreuses recherches, ils quittèrent le train à Baoding, comme autrefois
V. Segalen et Gilbert de Voisins. Là, le directeur d’une petite unité de travail qui dépendait de l’armée de l’air chinoise accepta d’imprimer leurs ouvrages. Une ouvrière qui travaillait avant la révolution se chargea de montrer, à l’atelier de brochage, les gestes disparus qu’il fallait retrouver pour mener à bien cette réédition.

De la préparation du projet à la finalisation des ouvrages, tout partit ou partirait en vrille. Une odyssée inédite libre de toute logique.
Un hommage à Victor Segalen et en souvenir des « Éditions Chatelain-Julien » disparues en 2002, avec l’incendie de l’entrepôt des éditions « Les Belles Lettres ».

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